Un peu d'histoire - Charbonnage Bonne Fin
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Le charbonnage de Bonne-Fin
Déjà au Moyen Age, on exploite la houille à Sainte-Marguerite. L’Abbaye de Saint-Laurent possède dans son large domaine de nombreuses parcelles houilleuses qu’elle fait exploiter. Mais le charbon n’a pas encore l’importance qu’il connait aux 19ème et 20ème siècles.
Le charbonnage de Bonne-Fin, qui se situe au carrefour de Fontainebleau, est exploité depuis la fin du 18ème siècle, soit au début de la révolution industrielle. La concession appartient à la société Bonne-Fin, qui en ce début de 19ème siècle était dirigée par les Frères Orban. A Sainte-Marguerite, comme partout ailleurs à Liège d’ailleurs, le marché du charbon est en plein essor. Il alimente un nombre considérable de machines et de hauts fourneaux dans tout le bassin liégeois. Le charbon est le carburant qui permet de faire tourner l’industrie liégeoise et qui par conséquent permet de faire vivre des milliers de ménages.
Les charbonnages de Liège, comme celui de Bonne-Fin tournent à plein régime, souvent au détriment de la dignité humaine car les conditions de travail dans les mines sont misérables. Les accidents sont fréquents et la sécurité est quasi inexistante. Mais bien malgré eux, ils contribuent au rapide développement de la sidérurgie liégeoise. A Sainte-Marguerite, ce développement va également se faire ressentir, tant au niveau social que économique. Notamment, la construction de la gare du Haut-Pré qui va favoriser l’expédition du charbon et réciproquement l’approvisionnement des matières nécessaires à son extraction vers les mines. Les charbonnages de Sainte-Marguerite bénéficient aussi des outillages les plus performants. La société Bonne-Fin est devenue l’une des sociétés les plus puissantes et les plus riches de Liège. Elle possède les plus importantes concessions du bassin liégeois, et cette prospérité allait perdurer… Et pourtant, le milieu du charbonnage à Liège va tout doucement péricliter à l’amorce du 20ème siècle. Dans toute la cité, et bien au-delà, la révolte ouvrière gronde. Les manifestations et les grèves se multiplient. Les mineurs revendiquent des augmentations et l’amélioration de leurs conditions de travail. Ils se battront des années pour ne finalement obtenir que quelques unes de leurs revendications. Cependant, leurs conditions de vie n’est pas pour autant devenue enviable et bon nombre de belges décident de ne plus travailler dans les mines. PHOTO
Pour pallier à ce manque soudain de main-d’œuvre, l’Etat belge favorise alors l’immigration. Des italiens principalement, mais aussi beaucoup de polonais et d’espagnols s’installent dans le quartier Sainte-Marguerite pour venir travailler dans le charbonnage de Bonne-Fin. L’éclatement de la deuxième guerre mondiale sera un nouveau coup dur pour l’industrie du charbon. Les charbonnages doivent faire face à l’occupant allemand qui détourne et expédie une partie du charbon vers ses usines au pays. Au lendemain de cette guerre, la situation ne va guère s’améliorer, c’est la crise.
Pour relancer l’économie, les charbonnages liégeois tournent à plein régime. En 1955, la société de Bonne-Fin emploie près de 5000 ouvriers, contre 2500 dix ans plus tard. Le pourcentage de main-d’œuvre venue de l’étranger employée dans le charbonnage de Sainte-Marguerite ne cesse pourtant d’augmenter. Au tout début des années 60, des immigrés turcs et marocains arrivent à Sainte-Marguerite pour prendre le relais de l’immigration italienne qui avait commencée vingt ans plus tôt. Un incendie survenu en 1964 va cependant définitivement scellé l’existence du charbonnage de Bonne-Fin à Sainte-Marguerite. Du matériel nouvellement acquis est lourdement endommagé. La fermeture du charbonnage est définitive et laisse plus de 2000 ouvriers sans emploi…
Le complexe du charbonnage a été entièrement détruit quelques années plus tard, notamment pour favoriser les travaux de la percée de l’autoroute de Fontainebleau. Aujourd’hui, toutes les traces de cette longue activité houillère ont pratiquement disparu. Seuls témoins de cette époque, deux simples dalles en béton qui rappellent l’entrée des deux puits de mines…
Sources :
- « Anciennes houillères de la région liégeoise » par André De Bruyn aux Éditions Dricot.
- « Les belges francophones face aux demandeurs d’asile » par S. Gsir, F. Scandella, M. Martiniello et A. Rea aux Éditions Academia Press.
Texte rédigé par Michaël CLOSQUET, agent de convivialité au SAC Sainte-Marguerite





